Pêcher le bar aux leurres sur la presqu’île de Quiberon: mon approche
- pierre_wunderbar

- 5 juin
- 8 min de lecture
La presqu’île de Quiberon, j’y pêche depuis que je marche. Cette petite partie du Morbihan est bien connue des touristes pour sa beauté, ses plages, sa côte sauvage, mais aussi pour sa gare maritime, porte d’entrée vers plusieurs îles du Ponant, Belle-Île-en-Mer, Houat et Hoëdic.

Mais pour nous, pêcheurs, Quiberon représente surtout un terrain de jeu assez exceptionnel. Sa géographie est particulière : à l’est (nord sur la photo ci-dessus), on retrouve la baie de Quiberon, plus calme, plus abritée et souvent une eau plus chaude ; à l’ouest, la côte sauvage, beaucoup plus rocheuse, plus exposée à la houle et aux gros mouvements d’eau.
Cette diversité rend la presqu’île très intéressante pour la pêche du bar aux leurres. On peut y pratiquer des pêches très différentes selon les conditions, les marées, la luminosité et l’exposition au vent. Dans cet article, je vais essayer de vous présenter les principales configurations que je pêche à Quiberon, avec mes approches, mes leurres et mon matériel.
Je précise que je vais surtout parler de pêche du bar aux leurres, puisque c’est la technique que je maîtrise le mieux et que je pratique le plus souvent sur la presqu’île.
La côte sauvage de Quiberon
Comme son nom l’indique, la côte sauvage est une zone rocheuse, très exposée à la houle et aux mouvements d’eau. C’est justement ce qui en fait un secteur particulièrement intéressant pour rechercher le bar.
Je la pêche dans presque toutes les conditions, sauf lorsque la houle devient trop importante. Personnellement, au-delà d’environ 2,50 m de vague, je préfère me replier sur des secteurs plus abrités. Ce n’est pas une question de courage, mais simplement de bon sens. La pêche doit rester un plaisir, et je préfère pêcher sereinement plutôt que de passer ma session à surveiller chaque série de vagues.
Sur cette côte, il faut toujours prévoir une solution de repli rapide. Certaines grosses séries ne sont pas faciles à anticiper et peuvent arriver très vite. Chaque année, des pêcheurs ou des promeneurs se font surprendre sur ce type de secteur. La prudence doit donc toujours passer avant la pêche.
Où pêcher sur la côte sauvage ?
Pour ne pas faire de langue de bois, toute la partie située entre Portivy (surtout après Port-Bara) et le château Turpault est intéressante. On y retrouve un aspect un peu petite “falaise”, même s’il est parfois possible de se rapprocher de l’eau à certains endroits.
C’est une zone très riche en postes : têtes de roche, baies, cassures, courants et contre-courants. L’idéal est de marcher, observer et enchaîner les spots.
Les têtes de roche
Les têtes de roche sont probablement les postes que je préfère sur la côte sauvage. Pour les identifier, je vous conseille de regarder les cartes marines ou Google Maps en vue satellite. On repère assez facilement les avancées rocheuses, les plateaux immergés et les pointes accessibles.
Sur la côte sauvage, beaucoup de ces têtes de roche sont atteignables au lancer. Il y en a une multitude, et il est possible de les enchaîner simplement en suivant le sentier côtier.
Que ce soit à marée montante ou descendante, avec un gros ou un petit coefficient, ces zones restent prometteuses. Elles créent souvent des zones de courant, de remous ou d’abri, qui concentrent les proies et attirent les prédateurs.

Je les pêche principalement au leurre souple. J’aime lancer très proche de la roche et faire planer mon leurre en suivant la cassure. L’idée est de longer la structure au plus près, sans aller trop vite.
Mes leurres préférés pour cette pêche sont :
Nitro Shad 90 et 120 de chez Illex
Crazy Paddle Tail 120 et 150 de chez Fiiish
Super Spindle 4" et 5" de chez Megabass
Pour les grammages, cela dépend du vent, de la houle, du courant et de la hauteur à laquelle je me trouve par rapport à l’eau. En général, entre 10 et 30 g, cela permet de couvrir la plupart des situations.
Les baies de la côte sauvage
Sur la côte sauvage, on retrouve aussi quelques baies. Certaines sont un peu plus abritées que le reste, d’autres beaucoup moins selon l’orientation de la houle et du vent.
Ces baies sont intéressantes pour battre du terrain et prospecter différentes profondeurs. Je les pêche principalement en suivant le bord, en lançant loin devant moi, que ce soit à marée montante ou descendante.
Comme ce ne sont pas toujours des postes aussi clairement identifiés que les têtes de roche, je privilégie une pêche de prospection rapide. Je cherche à couvrir de l’eau, à trouver les poissons actifs et à comprendre rapidement où ils se tiennent.
Pour cela, j’utilise des leurres capables de pêcher vite.
La Runner Blade 90 d’Illex est clairement l’un de mes leurres favoris pour ce type de pêche. C’est un leurre que j’utilise énormément : fortes vibrations, très bonnes distances de lancer même face au vent, et une capacité à prendre du poisson dans beaucoup de situations. J’ai d’ailleurs écrit un article complet dessus si cela vous intéresse. Article Runner Blade
J’utilise aussi des poissons nageurs comme :
Flash Minnow de Lucky Craft
Rerange 110 et 130 d’Illex
Côté leurres souples, je garde ma sélection utilisée sur les têtes de roche, mais j’aime aussi utiliser le Crazy Sand Eel 150, ramené de manière énergique pour faire claquer ses billes et proposer une vibration différente.
La pêche en surface peut aussi être très prolifique dans ces baies. J’utilise notamment :
Asturie 110, 130 et 150 de Xorus selon la saison
la gamme Bonnie d’Illex
Chihuahua de Luna Bait

Petit conseil pour la pêche en surface : dans ces baies, à l’étale de marée montante, les poissons aiment souvent venir se balader et chasser. C’est un très bon moment pour les chercher en surface.
Du casino à l’entrée de la pointe du Conguel
Cette zone, je la pêche un peu de la même manière que la côte sauvage, mais je préfère la séparer car les conditions y sont souvent plus agréables. On retrouve davantage de grandes baies, de plages et de zones sableuses.
C’est un excellent secteur pour battre du terrain et tester plusieurs postes dans une même session. Il est aussi assez facile de jouer avec l’orientation du vent pour trouver une zone plus confortable à pêcher.
J’utilise globalement le même matériel que sur la côte sauvage, mais je descends souvent un peu en grammage. Sur ce secteur, je vais plutôt pêcher entre 7 et 20 g.
Pour la pointe du Conguel en elle-même, je la pêche davantage comme le côté baie, que je vais détailler juste après.
Mon matériel pour la côte sauvage
Canne : Illex Dark Elf 2m75, 12-50 g
Moulinet : Daiwa Ballistic 4000 ARK
Tresse : 16/100
Fluorocarbone : entre 28/100 et 40/100
La baie de Quiberon
La baie de Quiberon est pêchable quasiment sur toute sa longueur, entre l’isthme et la pointe du Conguel. C’est une zone beaucoup plus calme que la côte sauvage, principalement sableuse, avec quelques pointes rocheuses.
Pour la baie, j’ai une stratégie assez simple : je privilégie les périodes de faible luminosité. Lever du soleil, coucher du soleil, temps couvert, ciel bas… Ce sont souvent les meilleurs moments pour toucher du poisson.
Tout peut être intéressant dans la baie : les pointes rocheuses, les plages, les bordures, les cassants et les zones d’algues. Mais mon critère numéro un reste vraiment la luminosité.
J’y pêche avec des leurres souples assez petits, entre 8 et 12 cm, comme :
Black Eel de Fiiish
Nitro Slim d’Illex
Dark Sleeper de Megabass
Des leurres durs autour de 10 cm fonctionnent également très bien, notamment lorsque les poissons chassent derrière les vagues qui cassent.
Focus sur les plages
Les plages de la baie sont des zones très intéressantes, notamment tôt le matin. Les bars viennent y chasser les puces de mer, les lançons ou les petites proies présentes dans très peu d’eau.
Il faut savoir être discret. Les poissons peuvent être extrêmement proches du bord, parfois à moins de 50 cm du sec. Se précipiter directement les pieds dans l’eau est souvent la meilleure manière de faire fuir les poissons avant même d’avoir commencé à pêcher.
Sur les plages, je pêche très léger, voire pas plombé du tout. Pour mes leurres souples, j’utilise généralement entre 0 et 5 g maximum (si le leurre est un peu volumineux).
Je lance principalement devant moi, mais je fais aussi beaucoup de lancers parallèles à la plage, juste derrière le cassant des vagues. C’est souvent là que les bars longent la bordure pour chasser.
Je prospecte les enchaînements de plages de cette manière, en avançant doucement et en variant les animations. Je peux faire de longues pauses sur le fond comme pêcher beaucoup plus rapidement en buzzing. Il faut tester pour trouver la solution du jour.
Les pointes de roche côté baie
À marée montante, j’aime beaucoup pêcher les pointes de roche côté baie. Dès que je repère un cassant devant moi, c’est-à-dire une zone où le fond passe de quelques centimètres à près d’un mètre, je cherche à lancer pour longer cette zone plus profonde.
Ces cassants créent souvent une petite différence de courant, parfois très discrète, mais suffisante pour attirer les prédateurs.
Lorsque la marée monte davantage, je pêche aussi les zones où les vagues cassent sur la roche et créent de l’écume. On pêche parfois dans très peu d’eau, mais les poissons viennent régulièrement chasser dans ces zones. Ce ne sont pas toujours les plus gros, mais une prise est une prise.
Mon matériel pour la baie
Canne : Illex Stripes Ops 2m40, 3-15 g
Moulinet : Daiwa Certate 2500
Tresse : 10/100
Fluorocarbone : entre 20/100 et 28/100
Les coloris que j’utilise
Sur la côte sauvage, j’aime rester assez classique avec des tons bleus, verts, naturels. Ce sont des coloris qui performent de manière constante donc je ne me prends pas la tête.
Dans la baie, j’aime davantage jouer sur les contrastes. J’utilise soit des leurres très clairs, transparents, presque translucides, soit au contraire des leurres très foncés et opaques. Selon la luminosité et la couleur de l’eau, l’un ou l’autre peut faire la différence.
Parenthèse rockfishing

J’ai commencé la pêche dans les mares à marée basse, en cherchant les gobies et parfois les petites vieilles. C’est vraiment comme ça que la passion a débuté.
Pour ce type de pêche, la presqu’île de Quiberon est parfaite à marée basse, notamment près du château Turpault ou vers la pointe du Conguel. Il est assez facile de faire de nombreux gobies avec de petits leurres de 2 pouces ou moins.
Ce n’est pas forcément la pêche la plus impressionnante, mais c’est une pêche très ludique, parfaite pour observer la vie dans les rochers et prendre du plaisir avec du matériel simple.
Conclusion
J’espère que cet article vous aura donné quelques pistes pour pêcher le bar aux leurres sur la presqu’île de Quiberon.
Bien sûr, ces techniques sont les miennes. Il existe d’autres manières de faire du poisson, peut-être même de meilleures selon les conditions, les saisons ou les habitudes de chacun. Mais je peux vous garantir que celles-ci fonctionnent, car ce sont celles que j’utilise depuis des années sur ces secteurs.
La presqu’île de Quiberon est un lieu magnifique, entre la côte sauvage et la baie, elle offre une diversité de postes assez rare pour un pêcheur du bord.
Si cet article vous a plu, je vous invite à lire les autres articles disponibles sur mon site, notamment ceux consacrés à mes sorties au bar sur Quiberon.
Vous pouvez aussi me retrouver sur Instagram : @pierre_wunderbar



























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